Si le silence est d’or, la parole doit être divine

À l’origine de ce livre, un roman d’Indu Sundaresan, le Festin de Roses, qui allait m’immerger dans une Inde passionnante, à une époque où les monarques étaient d’abord des érudits et des esthètes qui s’octroyaient du temps pour cultiver sur les plaines de l’indus, l’étendue de leur passion.

J’y découvris des personnages historiques, comme le célèbre Shah Jahan, qui fit ériger sous un ciel de marbre, un magnifique mausolée dans lequel il fit déposer quelques gemmes d’étoiles pour honorer la mémoire de son épouse.

Un de ses fils, son aîné et son préféré, le prince Dârâ Shikôh, se distingua par son attrait pour les arts et la mystique musulmane. Ce qui ne fut pas du goût de ses autres frères, au tempérement plus belliqueux, avec lesquels une lutte fratricide s’engagea, au grand dam de leur père. S’ensuivit, un régime de la terreur et de l’ostracisme qui marqua le règne d’Aurangzeb. Le royaume, en plein effondrement, tomba dans les mains des Anglais.

La plupart des historiens s’accordent à dire que le destin de l’Inde eût été bien différent si le jeune Dârâ Shikôh n’avait pas connu un sort funeste. Digne héritier des préceptes de tolérance religieuse instaurés par son arrière grand-père Akbar, et soucieux de préserver l’unité dans un empire majoritairement peuplé par des Hindous, il encouragea les efforts de traduction et de production culturelle mêlant les deux cultures.

Une de ses oeuvres nous parvint. Un essai théosophique, intitulé « Majma‘ al-Bahrayn” (le Confluent des deux Océans) illustre cette quête d’harmonie qui fut à l’image de son cheminement personnel.

Quelques siècles plus tard, en Europe cette fois-ci, une armée d’écrivains nihilistes exploitait les ressentiments des gens pour décrire un avenir sombre en nous promettant un inévitable choc des civilisations. Une dictature de la crise, dans laquelle frustration identitaire et inégalités sociales allaient de pair pour justifier une politique censée répondre à une obsession sécuritaire toujours plus croissante. Le chantage par la peur, assurant ainsi, la pérénisation d’un système à bout de souffle.

En somme, notre quête d’harmonie n’a jamais été aussi grande.

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Écrire de la sorte, c’était une manière de revenir à la source de ce que fut l’essence même de la Révélation: un rêve. D’abord flous et douloureux, ils devinrent de plus en plus lucides au fil des mois. Jusqu’au jour où Jibril apparut. Et le Prophète trouva refuge auprès du sein de son épouse qui ne tarda pas à le réconforter.

Le rêve, cet univers onirique dans lequel le divin et l’universel se confondent, et par lequel chaque nuit, notre conscience s’éveille pour apprendre le langage des étoiles.

Recourir au Romantisme était pour moi, une manière de contourner les dogmes qui emprisonnent la foi.

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À travers ce premier ouvrage, l’artiste Jérôme Cervera a voulu harmoniser la quintessence des cultures occidentale et orientale pour produire une ode à l’évasion, dans laquelle la sensibilité relève du sacré.

Durant quinze ans, il s’est passionné pour la photographie et a pratiqué la sculpture sur métal. Inspiré par l’influence qu’exercèrent les grandes oeuvres indiennes, persanes ou arabes sur la création de certains chefs-d’œuvre occidentaux, tels que le Fou d’Elsa ou Roméo et Juliette inspirés tous deux par LayLâ Majnum de Nizami, ou bien encore par Les Fables de la Fontaine inspirées par Kalîla wa Dimna, Jérôme Cervera a voulu, en puisant dans le Cantique des Cantiques et le Coran, conjuguer toute la passion qu’il voue pour le Romantisme à l’Orient.

« L’amour est une étoffe tissée par la nature et brodée par l’imagination » disait Voltaire.

Ce livre a été conçu en collaboration avec l’imprimerie Trace en France. Tiré à 1001 exemplaires, chaque pièce est numérotée et signée par l’artiste. La couverture a été réalisée en Velin d’Arches et les feuillets intérieurs ont été imprimés selon les règles de l’impression typographique sur du papier Rives Tradition. Reliure à la chinoise. Les dessins gaufrés dans le papier, se révèlent subtilement en fonction de la manière dont on place le livre à la lumière pour que le jeu d’ombre mette en exergue le relief. La préface, les textes et les dessins sont de Jérôme Cervera.

Où se le procurer :