Conserve en toi une pureté d’enfant. Une véritable oeuvre d’art ne peut sortir que d’une âme pure.

Caspar-David Friedrich

En 2001, j’étudiai sans grande conviction la communication visuelle. Une orientation qui s’avèra être un intermède de courte durée. Un choix que je ne regrette point car il me permit d’entrevoir de nouvelles perspectives.

Pour réaliser mes maquettes, j’avais pris l’habitude d’utiliser des fonds photographiques. Las d’avoir à passer des heures devant des catalogues pour trouver quelque chose qui me convienne, je m’emparai d’un des compacts numériques mis à notre disposition dans l’établissement.

Le déclic se produisit un soir. Une de mes amies, recroquevillée sur le canapé, la moue songeuse et mélancolique, offrait à ma vue, son âme. Je fus immédiatement impressionné par le résultat. Jamais je n’avais imaginé que l’on pouvait retranscrire ce qui relève de la pure intimité.

Un peu plus tard, une autre rencontre allait marquer un tournant crucial dans ma démarche, qui à ses balbutiements par ailleurs, se limitait aux motifs urbains.

Une aubaine, car la prédilection de Lysandra pour le monde médiéval et le stylisme allait vite devenir contagieuse. Et je me surpris à mon tour, de me prendre de passion pour d’autres courants artistiques et culturels dont j’ignorais tout.

Notre collaboration nous mena auprès de magnifiques sites naturels disséminés dans les Cévennes. Prises uniquement en lumière du jour, durant l’aube ou le crépuscule, les souvenirs de ces balades allaient devenir avec le temps, aussi beaux et durables que toutes ces photographies.

Je trouvai dans le Préraphaélisme, et dans le Romantisme plus précisément, une résonance qui m’ouvrit à l’infinité d’un nouveau monde. Un univers poétisé dans lequel les sentiments imprègnent les toiles de leur indicible aura.

En parcourant l’oeuvre des chantres de ce courant culturel majeur du XIXème siècle, je fus intrigué par l’influence qu’exerça l’Orient sur leur aspiration. Une véritable fascination qui poussa Lamartine à voyager au Liban, Rimbaud au Yemen, Delacroix au Maghreb, Pierre Loti en Turquie. Et peut-on faire fi du recueil écrit avec frénésie par Goethe, après qu’il ait lu la traduction du jardin des roses de Saadi ?

En 2007, deux expositions personnelles tenues dans des chapelles romanes furent l’objet de très beaux échos.

C’est également à cette période que mon attrait pour l’Orient ne cessa de croître. Mon univers culturel allait considérablement s’enrichir d’une pléthore de trésors insoupçonnés.

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Amergin's Invocation
Lisa Gerrard
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